Innovation

Fusion nucléaire : un record historique de 59 mégajoules, grâce à la collaboration européenne

Des scientifiques anglais d’un laboratoire du consortium EUROfusion ont battu le record de la quantité d’énergie produite lors d’une réaction de fusion contrôlée et durable. Le Joint European Torus – ou JET – en Angleterre a ainsi réussi la production de 59 mégajoules d’énergie pendant cinq secondes. De quoi susciter l’enthousiasme des scientifiques et des médias, alors que la production d’électricité à partir de la fusion est souvent présentée comme un projet à horizon « 20 ans ».

Le contexte de la bataille du Tokamak

Nous relayons habituellement les innovations dans le domaine du numérique, mais gardons aussi un œil sur des avancées technologiques à plus long terme. Critère de sélection : que ces innovations aient un potentiel de disruption non seulement technologique, mais économique, sociétal et environnemental. C’est pourquoi nous avons décidé de suivre le dossier de l’énergie et en particulier celui de la fusion nucléaire, même si les applications à grande échelle prendront encore des décennies.

Ainsi en janvier dernier, nous avions relayé cette actualité : « Fusion nucléaire : un “soleil artificiel” Chinois brûle à 70 Millions de degrés pendant 17 minutes ». Ces effets d’annonce sont fréquents, car les plus grandes nations mondiales se préparent à la bataille du « tokamak » (les centrales énergétiques de fusion). Mais dans le domaine de l’énergie comme ailleurs c’est par la coopération entre pays que des chantiers de cette ampleur peuvent aboutir. Comme la coopération entre 35 pays autour du chantier ITER en France, qui pourrait produire son premier plasma avant fin 2025.

Un record qui valide des choix technologiques

Ce record du laboratoire JET démontre que les scientifiques sont parvenus à piloter le plasma de fusion dans un environnement qui est en fait proche de celui d’ITER. L’expérience portait en effet sur l’emploi de différents matériaux pour la construction des murs intérieurs du réacteur, avec une combinaison deutérium-tritium (plus de détails techniques dans les liens en source).

On comprend donc que le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) se félicite du succès de leurs confrères européens, car il conforte à la fois le projet ITER et le potentiel de l’énergie de fusion.

En effet, la promesse d’une centrale fusion comme l’ITER est de produire plus d’énergie qu’il n’en faut pour chauffer le combustible. Les modèles prévoient qu’ITER produira environ 500 mégawatts de puissance en continu pendant 400 secondes, tout en ne consommant que 50 MW d’énergie pour chauffer le combustible. Cela signifie que le réacteur produirait 10 fois plus d’énergie qu’il n’en aura consommé. Ce serait une énorme amélioration par rapport au JET, qui a nécessité environ trois fois plus d’énergie pour chauffer le combustible qu’il n’en a produit pour son récent record de 59 mégajoules.

Sources : https://thenextweb.com/news/nuclear-massive-leap-towards-energy-generation, https://www.cea.fr/presse/Pages/actualites-communiques/energies/record-energie-fusion-JET.aspx et https://ccfe.ukaea.uk/fusion-energy-record-demonstrates-powerplant-future/

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